vendredi 22 septembre
Le pouvoir de l'image en réunion publique ...
Dans la même semaine, j'ai assisté à deux réunions publiques organisées par des collectivités territoriales du même secteur : une réunion préalable à l'arrêt d'un SCOT et la deuxième réunion de concertation de révision d'un PLU.
Les deux urbanistes en charge de chaque dossier étaient présents.
Le premier en charge du SCOT, un homme d'une trentaine d'années, sûr de lui avait, à mon avis, une formation de base à Sciences Po. C'est l'élu qui a présenté le document d'orientations générales (DOG) exempt de toute carte. Au moment des questions, un intervenant s'est interrogé sur l'absence de plans, arguant qu'il était difficile, voir abstrait, de localiser et d'imaginer, qui, un axe de circulation, qui la protection d'un espace sensible, à la seule écoute de la description du secteur dans lequel il serait possible d'intervenir. Ce à quoi l'urbaniste a répondu qu'il s'agissait de principes, c'est-à-dire, de la possibilité de faire, d'une autorisation à faire en quelque sorte, sans garantie que cela soit fait. Cette notion est très difficile à comprendre - et à admettre pour un contribuable - d'où peut-être (c'est moi qui extrapole) l'absence de plans de localisation qui auraient pu fixer des images dans la tête des gens et augmenter la confusion. L'élu, quant à lui, a répondu que l'on ne pouvait montrer le projet sans qu'il soit préalablement arrêté par le collège des élus concernés.
Le deuxième, en charge d'un PLU d'une des communes partie prenante au SCOT ci-dessus, un homme d'une bonne quarantaine d'années avec, manifestement un grande expérience de ce type de réunion avait, à mon avis, une formation de base juridique. C'est lui qui a présenté le PADD, qu'il n'a d'ailleurs jamais appelé ainsi mais dénommé " projet de vie ". Un as de la communication qui avait amené ses plans. Néanmoins, au moment des questions, il s'est retrouvé confronté au même écueil : faire passer l'idée que les gros traits noirs, parcequ'ils étaient en pointillés, n'étaient que le principe - et non le projet localisé en l'endroit - du passage d'une route de contournement. Le propriétaire du terrain traversé par ce trait ne l'a pas entendu de cette oreille !!! Encore heureux que le trait n'eût pas traversé sa salle à manger, sans quoi, que serait-il advenu de cette paisible réunion ?
Ces deux interventions remettent à mon sens en question, les outils de communication que l'ont utilise pour faire passer au public ce type de document. La loi SRU nous enjoint à davantage de concertation avec les populations : nos modes de représentation graphiques doivent en être profondément modifiés. Mais comment savoir comment sera perçue une image puisque par essence, elle s'imprime différemment chez chacun du fait même que son vécu propre modèle son système de représentation, d'imag(e)ination ? Comment dessiner non pas un projet (ce que nous savons faire), mais un principe ? Comment dessiner non pas ce qui a de bonnes chances d'être réalisé, mais une possibilité de faire dans les 10 ans à venir, une autorisation à réaliser ssi le besoin surgit un jour dans un secteur géographique étendu déterminé mais sans garantie aucune que ce besoin ne se fasse sentir, sans garantie aucune que ce principe n'engendre une réalisation tangible ou sans garantie aucune que si réalisation il y a, elle ne soit à l'exact endroit où le principe fut représenté dans ce PADD ?
Vaste question qui teste aussi par ailleurs les limites du dessin informatique. Qui sait, peut-être trouverais-je un élément de réflexion ou de réponse dans l'ouvrage que recommande Benoît et qui ne devrait tarder à m'être livré ?
... un problème de représentation
Tags : Dessin, Image, Urbanisme

