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dimanche 22 octobre
Esquisses de Frank Gehry ...
Enfin, je l'ai vu ! Il y a quelques jours d'ailleurs. J'en suis sortie avec un indéfinissable malaise, raison pour laquelle je n'en parle qu'aujourd'hui .
Maitenant, il me semble plus défini : une ode à Monsieur Gehry. Une seule voix dissonante dans ce concert de louanges et ... peu crédible en plus (vague impression d'un règlement de compte de la part de l'intervieuwé ...).
Sydney Pollack se demande pourquoi, alors qu'il n'y connait rien à l'architecture et au documentaire, Monsieur Gehry le trouve parfait pour réaliser ce film. De mon point de vue parceque l'amour (amical) est aveugle, tout simplement ! Les intervieuwés ont manifestement été choisis par le maître. Le témoignage qui met le plus mal à l'aise est celui de son psychanalyste : tout le monde n'est pas Woody Allen !
Ce qui frappe aussi, c'est l'absence de références : hormis Alvar Aalto, personne ne semble digne d'être cité ... étonnant, étant donné l'âge de Monsieur Gehry et les pointures qui ont sévi dans l'architecture à l'époque où il était jeune architecte ...
Bref, pas une once d'esprit critique de la part de ces deux amis ... intellectuellement, c'est difficile à avaler ...
... une ode au Maître
Commentaires
QUEL BEL ARTICLE!
Oui ArchiAddict,
Je pense que tu as raison de signaler la fascination de Pollack à l'égard de Gehry. On remarque aussi que S. Pollack pose beaucoup de questions un peu "psychanalytiques" à son copain. A mon avis, il a l'air d'envier un peu Gehry qui a garder son enthousiasme et continues de construire quand Pollack ne filme plus beaucoup... Mais malgré tout, je ne pense pas que Pollack veuille vraiment le "règlement de compte". Il a l'air de vraiment chercher à savoir. Je le crois sincère.
Le coté "ode à Gehry" sans aucun couac est pour moi très américain: Ils leur faut toujours être positifs. Cela nous gène nous français. Nous trouvons que cela manque de vérité. Mais il semblerait aux américains diminuer la valeur de l'architecte en cherchant à le cerner, quand nous trouvons nous au contraire qu'un tel génie n'en sortirait que grandi.
Quand à l'"absence de références" que tu as remarquablement souligné, elle doit être dut au fait que les américains aiment bien les héros-qui-se-sont-faits-eux-même. Gehry l'a compris et se garde bien de casser ce mythe.
cordialement
Davideo, je me suis mal exprimée quand je parlais du règlement de compte : il ne s'agit pas de Pollack qui est sincère, je suis bien d'accord avec toi. Je dirais même sincère et touchant dans sa naïveté, il y a un côté émerveillé à l'égard de Gehry, quelque chose de l'enfance de l'ordre de la crédulité. Non, il s'agit de cet historien de l'art, seul intervieuwé qui apporte un voix dissonante mais quelque peu amère, je trouve, qui lui fait perdre de la crédibilité; il m'a donné l'impression, cet historien de l'art, d'avoir un compte à régler avec l'architecte.
Quant à la façon dont Gehry entretient sa propre image mythique, je suis absolument d'accord avec toi ! Quand il est à moitié affalé dans sa chaise, à 40 cm de sa maquette, à ordonner des pliages de papiers à son assistant en faisant de grands gestes et en parlant peu, quel théâtre ! Comme si son esprit transmettait son génie à son assistant, quel bel entretien du mythe !
