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Architecture et Autres Appréhensions de l'Espace

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mardi 26 décembre

Je suis passée ...

PIERRE2
Crédit : ArchiAddict

Quelle déception ! Mais déception encore plus grande que celle de ne pouvoir vous en parler ...

Néanmoins, cette expérience me donne l'occasion de revenir (enfin !) sur le billet de Benoît concernant l'urbanisme politique.

Je partage son point de vue sur l'urbanisme. Considéré uniquement comme un champ technique, il mène aux catastrophes que l'on connaît : pas d' "urbanité", un paysage "globalisé" et uniformisé où que l'on se trouve, une ghettoïsation des espaces, etc etc ... catastrophes qui soulèvent quelques questions :

Pourquoi l'urbaniste (contrairement à l'architecte) laisse-t-il rarement (exceptions faites de Barcelone, Brasilia, Chandigarh ... par exemple) sa marque, sa signature ? Est-ce par peur ou par modestie ? Considère-t-il que le résultat est imputable à une équipe dont il fait partie ? Ou est-il conscient que rien n'existe tant que la population ne se l'est pas approprié, n'y a pas insufflé ses modes de vie ?

N'est-ce pas pour lui imputer la responsabilité de ce qui ne va pas que l'on veut absolument circonscrire l'urbaniste dans sa fonction de technicien ? Je me rappelle d'une douloureuse "circonscription" de la part d'un élu : à une question que je soulevais (question d'ordre plus général concernant le problème de la gestion du risque au regard de la loi SRU) je me suis vue répondre que "je n'avais pas à me poser ce type de questions". L'urbaniste qui se soucie d'urbanisme politique marche sur des plate-bandes où certains ne veulent pas le voir ... Et le professionnel qui se remet en permanence en question suscite la méfiance : ne serait-il pas instable ?

De l'utopie en urbanisme ? Certes oui, pour avancer, pour s'améliorer, ne renoncer à aucune ambition ... mais "l'homme au centre de tout" ne représente pas pour moi une vision idéale. Concevoir (projet urbain ou architectural) ne peut se faire qu'en plaçant l'homme au centre du projet. C'est un fait : nous concevons ce qui sera l'espace de vie des hommes. Nous ne sommes pas des sculpteurs. Placer l'homme au centre de tout, c'est faire preuve de pragmatisme. Si nous ne procédons pas ainsi, nous concevrons des lieux impossibles à vivre. Les espaces qui fonctionnent ne sont-ils pas ceux qui ont placé l'homme au centre du projet, en ont respecté ses besoins, son échelle physique, son désir de s'"élever", de communiquer, de partager ... ?

Quant au diagnostic s'il a en commun d'être pratiqué par le médecin et l'urbaniste, il ne peut, chez l'un ni chez l'autre (et peut-être encore moins chez l'urbaniste) ne pas coexister avec le pronostic. L'urbaniste se doit de faire un travail "prospectif" né d'une réflexion permanente tentant d'analyser les enjeux qui interfèrent dans son domaine de prédilection, même -et surtout - s'il n'a pas à se poser ce type de questions !

Et derrière le professionnel il y a bien sûr le citoyen ... mais quand le citoyen s'exprime, il a du mal à laisser au vestiaire sa veste de professionnel ... et parcequ'il est ce professionnel, il participe davantage aux démarches citoyennes ... tant et si bien que certaines démarches citoyennes peuvent être dangereusement peuplées de professionnels ou ... d'élus (oups, j'avais dit que je n'en parlerais pas ;-) au détriment d'autres citoyens ... si l'expertise citoyenne devenait une expertise d'experts déguisés en citoyens, aïe, aïe, aïe ...

Concevoir ensemble la ville dans laquelle chacun à l'envie de vivre, bien sûr, tout en ne mettant pas en péril la qualité de vie de ceux qui y vivront quand nous n'y seront plus, sûrement ! Pourquoi pas être encore plus humble : est-il possible de ne rien faire qui ne puisse être irréversible, de concevoir en prévoyant d'éventuelles modifications, bref, en n'inscrivant pas définitivement dans le marbre quelque chose qui puisse éventuellement nuire à moyen ou long terme ? Est-il possible que l'ego s'efface derrière le projet ?

L'ambition n'empêche pas l'humilité. C'est l'égocentrisme qui l'empêche.

Merci Benoît pour ton excellent article. Joyeuses fêtes de fin d'années à tous !

... de l'autre côté du miroir

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jeudi 26 octobre

Vais-je passer ...

Non que j'aie l'intention de vous faire profiter de mes doutes métaphysiques - il y a d'autres lieux dévolus à cela - mais néanmoins ...

La commune dans laquelle je réside met en place des ateliers citoyens. Une belle démarche de démocratie participative. Des consultants sont mandatés pour organiser ces ateliers. Tout le monde est le bienvenu !

N'ayant aucune implication professionnelle ni dans ces projets, ni dans cette commune, j'ai bien envie d'y participer pour diverses bonnes et mauvaises raisons ! La bonne c'est de m'impliquer comme habitant dans les projets d'aménagement communaux, la mauvaise c'est de faire partie de l'envers du décor et de m'en enrichir professionnellement.

Qu'en pensez-vous ?

... de l'autre côté du miroir ?

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samedi 07 octobre

Art Urbain ...

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Crédit : ArchiAddict

... Hans Erni

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vendredi 22 septembre

Le pouvoir de l'image en réunion publique ...

plu2

Dans la même semaine, j'ai assisté à deux réunions publiques organisées par des collectivités territoriales du même secteur : une réunion préalable à l'arrêt d'un SCOT et la deuxième réunion de concertation de révision d'un PLU.

Les deux urbanistes en charge de chaque dossier étaient présents.

Le premier en charge du SCOT, un homme d'une trentaine d'années, sûr de lui avait, à mon avis, une formation de base à Sciences Po. C'est l'élu qui a présenté le document d'orientations générales (DOG) exempt de toute carte. Au moment des questions, un intervenant s'est interrogé sur l'absence de plans, arguant qu'il était difficile, voir abstrait, de localiser et d'imaginer, qui, un axe de circulation, qui la protection d'un espace sensible, à la seule écoute de la description du secteur dans lequel il serait possible d'intervenir. Ce à quoi l'urbaniste a répondu qu'il s'agissait de principes, c'est-à-dire, de la possibilité de faire, d'une autorisation à faire en quelque sorte, sans garantie que cela soit fait. Cette notion est très difficile à comprendre - et à admettre pour un contribuable - d'où peut-être (c'est moi qui extrapole) l'absence de plans de localisation qui auraient pu fixer des images dans la tête des gens et augmenter la confusion. L'élu, quant à lui, a répondu que l'on ne pouvait montrer le projet sans qu'il soit préalablement arrêté par le collège des élus concernés.

Le deuxième, en charge d'un PLU d'une des communes partie prenante au SCOT ci-dessus, un homme d'une bonne quarantaine d'années avec, manifestement un grande expérience de ce type de réunion avait, à mon avis, une formation de base juridique. C'est lui qui a présenté le PADD, qu'il n'a d'ailleurs jamais appelé ainsi mais dénommé " projet de vie ". Un as de la communication qui avait amené ses plans. Néanmoins, au moment des questions, il s'est retrouvé confronté au même écueil : faire passer l'idée que les gros traits noirs, parcequ'ils étaient en pointillés, n'étaient que le principe - et non le projet localisé en l'endroit - du passage d'une route de contournement. Le propriétaire du terrain traversé par ce trait ne l'a pas entendu de cette oreille !!! Encore heureux que le trait n'eût pas traversé sa salle à manger, sans quoi, que serait-il advenu de cette paisible réunion ?

Ces deux interventions remettent à mon sens en question, les outils de communication que l'ont utilise pour faire passer au public ce type de document. La loi SRU nous enjoint à davantage de concertation avec les populations : nos modes de représentation graphiques doivent en être profondément modifiés. Mais comment savoir comment sera perçue une image puisque par essence, elle s'imprime différemment chez chacun du fait même que son vécu propre modèle son système de représentation, d'imag(e)ination ? Comment dessiner non pas un projet (ce que nous savons faire), mais un principe ? Comment dessiner non pas ce qui a de bonnes chances d'être réalisé, mais une possibilité de faire dans les 10 ans à venir, une autorisation à réaliser ssi le besoin surgit un jour dans un secteur géographique étendu déterminé mais sans garantie aucune que ce besoin ne se fasse sentir, sans garantie aucune que ce principe n'engendre une réalisation tangible ou sans garantie aucune que si réalisation il y a, elle ne soit à l'exact endroit où le principe fut représenté dans ce PADD ?

Vaste question qui teste aussi par ailleurs les limites du dessin informatique.  Qui sait, peut-être trouverais-je un élément de réflexion ou de réponse dans l'ouvrage que recommande Benoît et qui ne devrait tarder à m'être livré ?

... un problème de représentation

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Posté par ArchiAddict à 22:00 - Urba - Commentaires [11] - Permalien [#]
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